Sarkozy plaide pour des accords internationaux de régulation d’Internet

24 mai 2011
Nicolas Sarkozy

En ouverture de l’e-G8, qui se tient les 24 et 25 mai à Paris, Nicolas Sarkozy a plaidé pour des règles internationales sur la propriété intellectuelle sur Internet. Il a peu développé la question des services publics numériques.
C’est au cœur du jardin des Tuileries que l’e-G8 a planté sa tente. Sous les grands chapiteaux abritant les 1 000 participants à l’événement, Nicolas Sarkozy a insisté sur la protection de la propriété intellectuelle, dans son discours d’ouverture, le 24 mai au matin. Après un hommage emphatique aux acteurs du numérique, qu’il a comparés à Christophe Colomb, Galilée, Newton et Albert Einstein, en reconnaissant l’ampleur de la révolution lancée par Internet, il a convoqué Beaumarchais, l’inventeur du principe du droit d’auteur, pour mettre l’accent sur l’importance de la propriété intellectuelle.

Pour défendre “ce droit des créateurs à pouvoir recevoir la juste rétribution de leurs idées et de leurs talents”, Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité pour les acteurs d’Internet de comprendre les “limites” et “les lignes rouges” des gouvernements. Il a notamment évoqué le problème du financement des “infrastructures techniques qui permettent (…) le transport des services et des contenus qui circulent sur le Web”. Au cours d’une séquence de questions-réponses avec le public après son discours, il a précisé sa pensée, en expliquant que la défense de règles minimales sur Internet devait être débattue par les gouvernements, non seulement au sein du G8, mais également au sein du G20 ou à l’ONU.

L’e-public absent
En réponse à une question de l’entrepreneur Tariq Krim concernant les changements apportés par Internet au travail des gouvernements et des administrations, Nicolas Sarkozy s’est contenté d’évoquer les médias, en expliquant qu’aujourd’hui, ses équipes passaient plus de temps à surveiller les informations des sites Internet que celles publiées dans la presse traditionnelle. Aucune évocation de la modernisation de l’administration ni des possibilités d’interaction entre les citoyens et l’État offertes par Internet.

Malgré son discours axé sur la nécessité d’une régulation du réseau, Nicolas Sarkozy n’a pas non plus évoqué la question clé de la vie privée ou du droit à l’oubli, qui concerne pourtant directement nombre de partenaires de l’e-G8, comme Google ou Facebook. La Cnil s’en est d’ailleurs inquiétée ce 24 mai, en regrettant“l’absence de tout régulateur des données personnelles et de la vie privée, ainsi que des associations de défense des libertés ou des consommateurs, alors même que ce thème figurait au programme.”