Jérôme FILIPPINI, adjoint au secrétaire général du gouvernement, vient d’être nommé directeur interministériel des systèmes d’information et de communication de l’État. Il détaille les missions et compétences de cette nouvelle direction créée par décret le 21 février.
Pourquoi une telle direction?
Rien ne se fait actuellement dans les projets de changement sans que l’on s’appuie sur le système d’information. On parle de » web 2.0 » avec un système d’information dont chacun de nous est acteur , et de la même façon, l’Etat devient »2.0 » , puisqu’on ne peut plus séparer son activité des systèmes d’information (SI). C’est pourquoi il est important que l’Etat puisse maîtriser son SI, pour bien conduire les réformes de l’administration. Le SI est à la fois un poste de dépense et un levier de création de valeur, qui permet d’élever la qualité du service rendu. L’idée est donc de mettre le SI au service de cette création de valeur et de maîtriser ces dépenses, de l’ordre de trois milliards d’euros chaque année, en programmant mieux les dépenses informatiques à venir.
Quelles seront ses missions?
La Disic aura 4 types de missions. Le premier concerne ce que j’appellerai l’urbanisation du SI, c’est à dire sa cohérence, son unité au sein de l’Etat . En faisant cela, on doit penser avant tout à l ‘utilisateur du SI (l’agent public et l’usager de l’administration) : développer les services en ligne, la téléadministration, mais aussi l’interopérabilité entre les différents réseaux ministériels par exemple. Son deuxième rôle sera le pilotage des coûts et de la performance des systèmes d’information , en mettant l’accent sur le retour sur investissement. Elle aura également une mission de maîtrise des risques sur les grands projets liés au SI. Deux facteurs sont difficilement maîtrisables dans ces projets complexes: le budget et le temps. La Disic mettra en place des outils permettant de surveiller ces facteurs, afin de s’assurer qu’ils restent sous contrôle, et intervenir en cas de problème. Enfin, elle aura un rôle opérationnel, en étant associée à l’avenir aux grands projets de mutualisation , voire en pilotant certains de ces projets.
La tâche paraît colossale. De quels moyens disposera la Disic? Contrôlera-t-elle tous les projets informatiques?
Ce sera une structure très légère. Je constitue actuellement une équipe très resserrée d’une vingtaine de personnes de haut niveau, issues du privé et du public, qui aura pour mission principale d’aider les directions du système d’information (DSI) des ministères, et absolument pas de se substituer à elles. Notre travail de prospective et de stratégie sera mis à disposition des DSI et plus largement des décideurs publics . La DISIC animera un réseau (celui des DSI des ministères et de l’administration territoriale ) , avec le souci de les aider, de leur apporter un service, et non de leur donner des ordres . La Disic aura aussi une responsabilité de contrôle et le cas échéant d’alerte, sur les projets à grands enjeux. La Disic aura les moyens d’assurer cette tâche, mais je vous rassure, je peux d’ores et déjà affirmer que la Disic rapportera au moins dix fois ce qu’elle coûte!